Eloquentia : le free-style au service de l’éloquence

Publié le 14 février 2017 Mis à jour le 14 février 2017

Elo....quoi ? Mais voyons, Eloquentia, quelle question ! Impossible de rater cet événement annuel qui rassemble les étudiants qui veulent s'exprimer de vive voix avec leur propre style, leur propre...Éloquence. Garance Poussin, étudiante en licence Humanités est devenue cette année notre reporter spéciale Eloquentia afin de vous offrir les moments les plus forts du concours. Lundi 23 janvier, elle a assisté à la soirée de lancement de l'événement tant attendu et vous a concocté un article gé-ni-al !

Date(s)

le 23 janvier 2017

Le 23 janvier 2017 s’ouvrait, pour la troisième année consécutive, la soirée de lancement d’Eloquentia. Pour les nouveaux venus qui ne connaîtraient pas la rocambolesque et ambitieuse aventure qu’est Eloquentia, je précise. C’est un concours d’éloquence. Ah ! Moment de déception. Je vous entends déjà dire « Encore un ? Mais n’en ont-ils pas marre à Nanterre de nous lâcher dans les oreilles le fiel immonde de leurs vaniteux outrages ? ». Et bien non, ils n’en ont pas marre et pour cause, ce que le projet Eloquentia veut mettre en avant c’est une parole libérée (comme les femmes, qui se fraient d’ailleurs une place de choix dans les finalistes et autres gagnants du concours). C’est la possibilité de prendre la parole à bras le corps, de la tourner, retourner, massacrer, puis de cracher au visage du public ou du jury (qui ne manquera pas de le rendre) son inextricable amour des mots.
Mais alors concrètement Eloquentia c’est quoi ? Un concours, bon, certes, mais quelle en est la substance, l’âme ? L’âme d’Eloquentia selon moi (et parodiant à peine mon titre), c’est l’absurde au service de l’exigence. Je m’explique.

La première fois que j’ai assisté à un quelconque évènement Eloquentia celui-ci ne l’était pas, c’était la demi-finale de la première année. Arrivée là un peu par hasard, grâce à une amie qui avait vu l’évènement passer sur son fil d’actualité, j’ai d’abord été un peu désarçonnée par l’ambiance générale. Quatre candidats s’opposaient sur les deux thèmes suivants : « Faut-il fumer les blondes ? » et « Faut-il avoir les mains sales pour remplir les salles ? ». Vous en conviendrez, ils n’étaient pas communs. Mais rétrospectivement toute la puissance d’Eloquentia est là, des thèmes à première vue absurdes qui, en réalité, poussent des candidats pétri de stress et de talent à la limite de leur retranchement. Des candidats représentant de la mixité propre à Eloquentia certes, mais aussi à la formation, aux qualités et aux talents particuliers. Chacun a droit de se défendre avec ses armes propres. Certains passent par l’humour, d’autres par les rimes, on encourage le chant et le rap, le culot et l’ambition. C’est bien simple, à Eloquentia on encourage tout ce qui est intime et spontané. Il faut défendre des sujets vicieux et irrationnels avec la plus grande des honnêtetés.

En entrant dans l’amphi A du bâtiment G ce lundi 23 janvier j’ai commencé à sourire ; des jeux de lumière, un DJ, une table drapée de noire et des organisateurs affolés qui se chuchotent à l’oreille pour arriver à ce que, pour la première fois en trois ans, ils aient moins de deux heures de retard : pas de doute, j’étais au bon endroit. Après un mot de leur Tahiti Bob de président suivi d’un slam sur l’importance de cette mixité et de cette liberté de parole et d’une extatique allocution du localement très célèbre Charles Haroche (une sorte de Gaspard Proust perché sur une table), la soirée est lancée. Elle commence par un impressionnant duo d’improvisateurs, de l’association des Imp’Unis, dont le sketch s’achève par la réapparition du très attendu Brian, qui pour une fois n’était pas dans la cuisine. Le ton est donné. Les deux candidats s’affrontent sur le thème « Les mots cachent-ils bien leur jeu ? », les jeux de mots, les attaques et les idées fusent d’un côté et de l’autre, puis, après une salve d’applaudissements mérités, c’est au tour du jury. Les jurys des concours d’éloquence sont souvent là pour faire le show mais on peut dire qu’à Eloquentia cela tient presque du sport local. Dans cette succession de clashs où candidats et autres membres du jury en prennent équitablement plein la gueule, l’ironie mordante laisse bien souvent poindre une larme de fierté aux yeux de ceux qui suivent ces candidats depuis leurs premières sélections. Quant aux membres du jury d’honneur, après avoir reçu Kerry James ou encore Omar Sy, celui du 23 était composé de la journaliste Aïda Touhiri, l’acteur Alban Lenoir et le doubleur Philippe Peythieu (qui nous a honorés de tous ses commentaires avec la voix d’Homer !).
Voilà, je pense que le décor est planté sur ce qu’est Eloquentia.
Reprenant la phrase de la mystérieuse Pan’Ash, membre de l’association : « Eloquentia c’est un immense terrain de jeu », un joyeux bazar de gens passionnés, de tous horizons, réunis par l’envie de prendre la parole que trop souvent on se refuse, qui croient à la rigueur et à l’excellence, à une mise en valeur des talents personnels.
Les inscriptions de cette année sont bouclées et les premières sélections commencées mais n’hésitez pas à vous tenir informés, à venir lors des débats soutenir vos héros car qui sait, l’année prochaine vous serez peut-être à leur place.

Rédactrice: Garance Poussin

Mis à jour le 14 février 2017